Les Effets Néfastes de la Malbouffe pour Animaux Domestiques

par Dr. Tom Lonsdale
(reproduit avec l'autorisation de l'auteur)


Les chiens, les chats et les furets consommant sur une base régulière une nourriture industrielle souffrent d’une panoplie de maladies débilitantes et douloureuses. Les propriétaires peuvent améliorer la santé de leurs animaux domestiques en leur donnant une alimentation naturelle, dure et coriace à la mastication, principalement à base de carcasses entières ou à tout le moins d’os crus entourés de viande.

Morgan Spurlock a mené une expérience risquée. Dans le film Super Size Me, Spurlock a mis la nourriture de McDonald à l'épreuve. Chaque jour, à chaque repas pendant 30 jours, il a mangé dans les restaurants McDonald à travers l'Amérique. À la fin de l'expérience Spurlock était en mauvais état. Il a pris 24 et demi de livres (onze kilos); son foie est devenu gras; son cholestérol a grimpé; et il a doublé son risque d'insuffisance cardiaque. Heureusement pour Morgan Spurlock il n'est pas devenu accro à la malbouffe,et il a été en mesure de suivre les ordres de son médecin et arrêter l'expérience. De plus son compagnon, qui est conseiller en santé holistique était sur place pour le soigner pour retrouver sa santé. 1

Juste pour un moment et avec peu de danger pour notre santé physique, nous allons mener une expérience de pensée. Imaginez si tous les Big Macs, les Joyeux Festins et les Coca-colas ingurgités par Morgan Spurlock au cours de ce mois de gavage, afin de réaliser le film documentaire Super Size Me 1, avaient plutôt été placés dans une cuve, réduits enbouillie et cuits sous pression. Supposons maintenant que la moitié de cette substance visqueuse ait été mise en conserve et que l’autre moitié ait été déshydratée et extrudée en croquettes pour être par la suite ensachées les sacs arborant des étiquettes aux couleurs vives proclamant les bienfaits sur la santé de votre animal.

Présumons maintenant que Spurlock ait soit lapé le contenu de McConserves ou encore englouti des McCroquettes pendant un mois. Imaginez si en plus et il s’agit d’un aspect important Spurlock n’ait eu ni brosse à dents ni la capacité d’en demander une; il n’a donc pu, conséquemment, nettoyer ses dents lors du long mois qu’a duré cette expérience. Demandons-nous maintenant quelle serait la santé mentale, buccale et physique de Spurlock après une expérience aussi démentielle ? Est-ce que les médecins, les dentistes et les professionnels de la santé offriraient un appui officiel aux diètes en conserve ou en croquettes ? De surcroît, serait-il vraisemblable que Spurlock ait pu se procurer ses McConserves et ses McCroquettes à sa clinique médicale locale ou encore chez son dentiste ?

Pour la majorité de nos animaux, les chiens (loups modifiés), les chats (prédateurs du désert modifiés) et les furets (putois modifiés), une alimentation de McConserves ou de McCroquettes est la réalité de tous les jours. Les médecins de Spurlock lui ont fortement recommandé de mettre fin à son expérience contre-nature dans les 30 jours parce qu’il était en train de se donner la mort. Par contraste, l’ensemble des médecins pour animaux (les vétérinaires) encouragent les propriétaires d’animaux à assurer l´alimentation de ceux-ci avec des McConserves et des McCroquettes chaque jour de leur vie. Je le sais, j’étais un des leurs.

Empoisonnés de 5 façons

Pendant mes 15 premières années de travail en tant que diplômé du Royal Veterinary College, à l’Université de Londres, j’étais en accord avec les principes de la médecine vétérinaire conventionnelle. Je conseillais à mes clients de ne pas nourrir leurs animaux avec des diètes maison car il leurs serait impossible d’obtenir un apport équilibré de nutriments, laissais-je entendre. La viande crue comporte un risque relié aux bactéries et au manque de calcium, disais-je. Alors que pour les os, tout le monde sait parfaitement qu’ils présentent un risque d’obstruction ou de fracture des dents. Et qui a déjà entendu parler de nourrir les chats avec une diète à base d’os ? Les fabricants ont dissipé les conjectures assurais-je à mes clients. « Les géants de l’industrie alimentaire pour animaux maîtrisent la science et possèdent les ressources nécessaires afin d’assurer le bien-être de votre animal. Et c’est aussi très pratique! »

Une fois les craintes de mes clients atténuées, je pouvais me consacrer aux problèmes plus urgents, c’est-à-dire poser des diagnostics et prescrire des traitements. Après tout, j’avais été formé pour cela et c’était ce que mes clients attendaient de moi et le flot d’animaux malades, ayant développés des pathologies cardiaques, hépatiques, dermiques, entériques et bucco-dentaires, sans oublier les cancers et autres maladies, s’écoulait de façon continue sans jamais se tarir.

Comme j’ai honte! J’ai agit de façon blâmable et j’avais complètement tort! Aussi variés que puissent avoir été mes patients en taille, espèces, âges, sexe et races, la seule caractéristique commune qui les unissaient était la malbouffe qu’ils ingurgitaient. Ils étaient tous nourris avec des McConserves et des McCroquettes, et c’était pour cette raison que presque tous ces animaux sans exception avaient besoin de mes services. Oui, c’est aussi simple et dramatique que cela et ce, pour les raisons suivantes :

1. La nourriture humide en conserve et les croquettes à base de grains ne nettoient pas les dents. Dans les faits, la nourriture se colle et forme des dépôts sur les dents, lesquels nourrissent les bactéries de la plaque dentaire. La seconde ligne de défense, le système immunitaire, se mobilise contre ces bactéries envahisseuses et contre-attaque avec ses armes chimiques. Le résultat : inflammation des gencives, mauvaise haleine, propagation des bactéries et des poisons bactériens qui affectent tout le corps. 2 3

2. Les chiens, les chats et les furets ne possèdent pas les enzymes digestives nécessaires pour assimiler les nutriments présents dans les grains ou autres substances végétales, que ces nutriments soient crus ou cuits. Lorsque les grains sont cuits à des températures élevées à l’usine d’aliments pour animaux domestiques, les féculents, les protéines et les matières grasses sont dénaturés ou deviennent toxiques à divers degrés. 4 Des additifs tels que les colorants, les agents de conservation, les émulsifiants et bon nombre d’autres produits chimiques sont incorporés à la malbouffe aucun ne fournissant de valeur nutritive et tous toxiques à divers degrés. 5 Lorsqu’ils se retrouvent dans l’intestin d’un carnivore, ces nutriments toxiques sont absorbés par l’appareil circulatoire, affectant les divers systèmes de l’organisme de l’animal.

3. La malbouffe à base de céréales peu digestibles produit une énorme quantité de toxi-infections qui se retrouvent dans le côlon. La muqueuse intestinale, en présence constante de poisons, peut être affectée de façon permanente. Certains poisons franchissent les parois du côlon et s’infiltrent dans le système circulatoire, étant de par ce fait acheminés vers les autres organes, entraînant d’autres problèmes à long terme. 6

4. Comme Morgan Spurlock, certains animaux démontreront des signes de maladies peu de temps après avoir consommer de la malbouffe. Par exemple, les chiots souffrent fréquemment de problèmes de peau et de diarrhée. Une exposition prolongée aux toxines des diètes apparentées à celles énumérées dans les catégories 1, 2 et 3 entraine des pathologies diverses du corps. Les organes malades produisent davantage de toxines, lesquelles s’infiltrent aussi dans le système sanguin et s’ajoute au cycle infernal de la maladie. 7

5. La majorité des animaux souffrent en silence; ils ne peuvent nous le dire avec des mots. En seulement, lorsque les animaux sont affectés par les quatre catégories de poisons précédemment mentionnées, les maîtres observateurs savent de par le langage corporel de leurs animaux qu’il est temps de demander l’aide du vétérinaire. Quelques vétérinaires diront : « Arrêtez! Arrêtez de nourrir avec de la malbouffe. » Malheureusement, la majorité des vétérinaires ignoreront les catégories 1,2 et 3, et à la place, ils diagnostiqueront les pathologies mentionnées précédemment au point 4. Les traitements impliquent habituellement une médication forte, laquelle contribuera à faire augmenter d’un niveau l’intoxication de l’animal. 8

Vous pouvez demander ce qu’il en est des maladies héréditaires, infectieuses et parasitaires, des membres fracturés, des autres maladies traumatiques et des maladies reliées à l’âge ? Il s’agit bien sûr de facteurs importants influençant le bien-être de nos animaux carnivores. Cependant, il est parfaitement clair et indéniable que nos animaux minés par les effets toxiques de la malbouffe cours un risque plus grand de développer d’autres maladies et que la phase de rétablissement est susceptible d’être plus longue. 9

Arrêtez!

Arrêtez de nourrir avec de la malbouffe industrielle est le premier et le meilleur conseil que je puisse vous donner pour le bien-être de votre animal, de l’économie humaine et de l’environnement naturel. En cessant de causer du tort, nous faisons le premier pas qui nous mènera sur la bonne voie. Cela nous donne un moment de répit, nous permettant d’évaluer la situation, de faire un examen plus approfondi et de tirer profit des avantages de nos toutes nouvelles découvertes.

Ce n’est pas nouveau. Hippocrate, le célèbre médecin grec, disait au 5 ième siècle avant Jésus Christ : « Laissez vos médicaments dans le pot du pharmacien si vous pouvez guérir vos patients par la nourriture. ». 10

Pourquoi avons-nous perdu de vue la sagesse des anciens ? Pourquoi ignorons-nous l’enseignement de la nature? Et, question primordiale, pourquoi est-il si difficile de discuter, et encore moins d’infirmer, la doctrine orthodoxe de la médecine vétérinaire? En guise d’explication, laissez-moi vous raconter une histoire qui, lorsqu’une fois arrivée à sa conclusion, devrait apporter des bénéfices d’ordre environnementaux, sociaux, scientifiques et médicaux qui valent des milliards de dollars. Lorsqu’en 1955, Juliette de Bairacli Levy a publié son livre Complete Herbal Book for the Dog, quelques murmures se sont élevés au sujet de l’inadéquation des diètes provenant de l’alimentation industrielle pour les chiens et les chats. 11 Vers la fin des années 1980, les vétérinaires Australiens émettaient des observations, et au début des années 1990, ils affichaient ouvertement leur désaccord. Le Dr Breck Muir a souvent observé les odeurs nauséabondes dégagées par les deux extrémités de chiens nourris avec des aliments en conserve. Dans le numéro de décembre 1991 du Australian Veterinary Association News, il écrit : 12

"Les aliments en conserves pour animaux domestiques ne sont pas sains"

La problématique de l’alimentation des animaux de compagnie me préoccupe depuis quelques années; ce qui m’a conscientisé, c’est la commercialisation concurrentielle actuelle à propos des divers postes de travail dentaire à usage vétérinaire.

La situation telle que je la vois est la suivante : ¨Voici la meilleure nourriture qui n’ait jamais existé pour votre animal madame Jones. ¨ tenant dans ses mains un sac de croquettes ou une boîte de nourriture humide, ¨cependant, il est possible qu’il développe des problèmes dentaires, alors voici une brosse à dent spéciale ainsi que de la pâte à dents afin de pouvoir nettoyer ses dents régulièrement, et si ce n’est pas suffisant pour éviter les maladies parodontales, … nous possédons l’équipement dentaire le plus récent, tout comme celui de votre dentiste, avec lequel nous pourrons donner à Fido un sourire éclatant¨ ce que vous n’auriez pas eu à faire si vous ne l’aviez pas nourri avec de la nourriture commerciale.

Nous avons ici un cycle commercial parfait, créé de toutes pièces un problème n’existe pas, alors nous le créons, de même que tous les traitements pour y remédier.

En décembre 1991, mon article ¨Oral Disease in Cats and Dogs¨ était publié dans le bulletin du Sydney University Post Graduate Foundation in Veterinary Science 13 : " L’odeur fétide de sang, d’excrément et de pus émanant de la gueule d’un si grand nombre de mes patients a finalement provoqué l’éruption de cette dissidence.

Le nombre considérable de patients passant par ma clinique, extrapolé au niveau mondial, m’a fait prendre conscience que les maladies bucco-dentaires sont la plus grande source d’inconfort et de douleur réfractaire éprouvée par nos animaux de compagnie.

C’est une cruauté insensée et énorme que nous infligeons à nos animaux dès leur plus jeune âge et ce, jusqu’à leur mort. Imaginez seulement d’avoir à composer avec une ulcération buccale ou encore un mal de dents toute votre vie. "

Alors que les substances chimiques contenues dans la malbouffe de nos animaux constituent une cause majeure d’inquiétude, l’importance particulière accordée à l’hygiène buccale a ouvert un important chapitre axé sur la forme physique de la nourriture. Il est indubitable que les lions, les tigres, les loups et tous les autres prédateurs sauvages n’ont pas accès aux brosses à dents, à la soie dentaire ou aux examens annuels chez le dentiste. La nature a pourvu les carnivores des outils nécessaires pour exécuter une fonction évolutionniste essentielle : manger et par conséquent équilibrer la population herbivore de la planète Terre. Ces outils de précision robustes doivent demeurer acérés et propres; c’est par l’acte naturel du dépeçage des muscles et tendons ainsi que du broyage des os de leur proie qu’ils grattent, raclent et polissent leurs dents et leurs gencives.

Les principes biologiques régissant les chiens, les chats et les furets sont exactement les mêmes qui régissent leurs cousins sauvages. Les nutriments doivent être crus et facilement digestibles; concrètement, la nourriture doit être crue, ainsi que dure et coriace à la mastication. 14 En terme pratique, il s’agit d’une diète à base de carcasses entières de poulets, lapins, poissons et autres. Une diète à base d’os crus entourés de viande est une alternative valable.

Tirons la sonnette d’alarme, attirons l’attention.

Si le côté artificielle de la nourriture industrielle affecte la santé de nos animaux, la relation étroite entre les entreprises d’aliments pour animaux et la profession vétérinaire affecte non seulement les animaux, mais aussi leurs propriétaires et la profession vétérinaire. Breck Muir a fait le constat suivant : 15

« L’introduction de la nourriture commerciale pour nos animaux de compagnie dans nos vies est l’une des plus belle histoire de réussite du monde des affaires. Le chiffre d’affaires brut concernant cette seule catégorie de produits (les aliments industriels pour animaux de compagnie) n’est probablement surpassé que par celui de l’exploitation mondiale du pétrole.

Notre profession a été menée par le bout du nez dans la situation présente et ce, dans le but de servir des intérêts particuliers; les vétérinaires fraîchement sorti de l’école considèrent les nourritures commerciales comme étant le meilleur moyen de nourrir les animaux de compagnie et les recommandent et ce, parce qu’ils n’ont jamais entendu parler d’aucune autre alternative. Avant même d’avoir pu posséder leur premier animal de compagnie, ils ont été constamment bombardés avec une publicité massive leur inculquant que les diverses nourritures industrielles étaient la seule option valable; lorsqu’ils ont obtenu leur diplôme et ont suivi des cours de
troisième cycle en nutrition animale, leurs idées ont été renforcées de nouveau par les chargés de cours invités de l’université, lesquels citaient dans leurs notes certaines marques de commerce d’aliments pour animaux domestiques. »

Breck et moi pensions que le fait de tirer la sonnette d’alarme sur la question de la nourriture industrielle devrait ouvrir un débat. Nous espérions aussi que cela puisse conduire à une réévaluation et nous donnerait une réponse qui serait fonction de l'ensemble des données rassemblées de par l'état actuel de nos connaissances

Nous étions cependant sur le point de recevoir la première d’une série de leçons : l’alliance entre la profession vétérinaire et l’industrie de l’alimentation pour animaux domestiques est étendue, puissante et hostile à la critique.

Les échelons supérieurs de la profession vétérinaire (les associations vétérinaires, les écoles vétérinaires et les instituts de recherche) et les fabricants de malbouffe pour animaux domestiques concluent des accords en coulisse. L’Australian Veterinary Association a fait parvenir la lettre de Breck à John Wingate, le président du Pet Food Manufacturers Association Inc. (maintenant appelé le Pet Food Industry Association of Australia Inc.). Wingate dans sa réponse, servant ses propres intérêts, publiéeconjointement avec la lettre de Breck, assure aux vétérinaires que : 16

« La meilleure façon de nourrir un animal de compagnie est d’utiliser une marque de nourriture reconnue…Analytiquement parlant, le…contenu des ces produits est connu et conçu pour satisfaire les besoins de l’animal tel que définit par le National Research Council of the US Academy of Sciences, qui regroupe les connaissances mondiales lesplus récentes sur le sujet ».

Oui, c’est vrai : la culture de la malbouffe animale se déploie jusqu’à la US Academy of Sciences entraînant dans son sillage les organisations de protection des animaux, lesassociations d’éleveurs de chiens et de chats, les revues sur les animaux, les livres ainsi que les médias électroniques, qui tous tiennent le même discours que les fabricants.

En tant que vétérinaires desservant les besoins d’un flot continu d’animaux malades, notre raison et nos expériences quotidiennes nous ont indiqué que la valeur de la soi-disante preuve vétérinaire était peu probante. Nous avons exploré en profondeur, cherché dans les manuels et les études. Et partout, nous avons trébuché, buté et chuté, nous avons découvert de nouvelles preuves sur les effets nocifs de la malbouffe.

La majorité des animaux sont nourris de malbouffe et par conséquent ne nettoient jamais leurs dents. Simplement en nettoyant les dents malades et les gencives, ainsi qu’en changeant le régime alimentaire des animaux pour une alimentation plus naturelle, les maladies intraitables disparaissent et ne réapparaissent jamais. La pénicilline, qualifiée comme étant un remède miracle, est utilisée pour traiter certaines maladies bactériennes mais ne possèdent aucun effet préventif dans le traitement des maladies à long terme. En utilisant la médecine dentaire et l’alimentation, nous pouvons guérir et prévenir la plupart des maladies affectant nos animaux.

Les tentacules du monstre

Révéler la connaissance de la santé, les bonnes nouvelles aux autres vétérinaires, était devenu primordial; c’est alors que le jeu du chat et de la souris a débuté avec l’Australian Veterinary Association (AVA). En tant que membre de l’association, nous avions lapossibilité de soumettre des lettres d’opinion et d’information à la tribune de l’AVA News. L’AVA et ses commanditaires, les fabricants d’aliments pour animaux domestiques, n’étaient pas très enthousiastes. Néanmoins, entre décembre 1991 et mars 1993, un petit groupe de passionnés du raw meaty bones sont parvenus à faire publier dix lettres jusqu’à ce que l’AVA annonce qu’elle ne publierait plus aucune correspondance. 17

Subitement, les membres de l’AVA n’avaient plus le droit de discuter des questions fondamentales reliées à la santé. En réponse, et avec la venue prochaine de la réunion annuelle, nous avons dressé une motion afin de lever la radiation de non-publication des lettres de correspondance et de conduire une investigation complète sur l’incidence de l’alimentation sur les problèmes de santé. Après un vif débat, les deux éléments de notre motion ont été approuvés. 18

Le rapport de l’AVA sur l’alimentation et ses conséquences sur les maladies a été publié en février 1994, neuf mois après l’Assemblée générale annuelle. Bien ¨qu’assisté¨ par le Dre Barbara Fougere, vétérinaire pour l’industrie des aliments pour animaux domestiques et autres sympathisants de l’alimentation industrielle, le comité a indiqué, au lieu d’enquêter sur l’incidence complète de l’alimentation sur les maladies, et limité son rapport à : 19

« Le comité croit que les inquiétudes soulevées requièrent une attention urgente et doivent faire l’objet d’observation. Il a été considéré qu’il était impossible d’explorer tous les aspects de l’incidence de l’alimentation sur les maladies à l’intérieur des délais prescrits par l’AVA.

Il est peu probable que les informations qui pourraient être recueillies sur les questions générales ajouteraient à ce que nous connaissons déjà.

Notre attention devrait se concentrer sur l’interaction entre l’alimentation et les maladies parodontales puisqu’il s’agit du domaine constituant la préoccupation principale de la profession vétérinaire Australienne.

Il a été considéré que si les maladies parodontales pouvaient être prévenues, alors les complications secondaires reliées à ce problème seraient réduites.

Il y a de prime abord une preuve justifiant les inquiétudes des vétérinaires. Les propriétaires doivent considérer le besoin de fournir des objets à mâcher à leur chien ou chat comme faisant parti de leurs besoins essentiels.

Les maladies bucco-dentaires peuvent être associées avec l’apparition d’autres maladies; cependant, la preuve disponible n’est pas concluante. Les problèmes bucco-dentaires sont probablement ceux qui sont le plus fréquemment rencontrés dans la pratique des petits animaux et leurs effets sur les gencives et les dents peuvent affecter de façon significative la santé et le bien-être des animaux atteints. Ceci est suffisant en soi pour déclarer que l’inquiétude est fondée. Des preuves sur les effets systémiques additionnels ne sont pas nécessaires pour justifier la poursuite de mesures supplémentaires.

Des recherches additionnelles sont nécessaires afin de mieux définir la relation existante entre les différents types de diètes et la santé bucco-dentaire des chiens et des chats. Ceux qui étudient les problèmes de santé des petits animaux doivent prendre en considération non seulement la diète mais aussi sa consistance lorsqu’ils effectuent leurs recherches systémiques sur les maladies une confusion possible des effets ayant trait à l’alimentation et une mauvaise santé buccale doit être prise en considération lors d’études telles que celle-ci. »

Bien sûr, les paroles fatidiques. Les recherches pragmatiques menées à ma clinique avaient déjà confirmé que la diète, de même que sa consistance constituaient les facteurs déterminants dans la majorité des maladies traitées dans les cliniques de banlieues. Toutun éventail de maladies difficiles à traiter sont disparues comme par magie lorsque des soins dentaires associés à un changement de diète sont devenus notre priorité première. L’étude d’animaux ayant développé une déficience immunitaire acquise a révélé une surprenante régénération des fonctions immunitaires ainsi qu’un rétablissement de la santé lorsque l’odeur nauséabonde de la gueule des animaux était traitée et leurs diètes changées pour le R.M.B. Les répercussions sont immenses, non seulement pour les victimes du syndrome d’immunodéficience acquise,20 c’est pertinent pour nous tous qui possédons un système immunitaire; et, comme je l’ai affirmé dans un article parut dans le Journal of Veterinary Dentistry, susceptible de nous aider dans la compréhension del’écologie, de la santé et des maladies sur la planète Terre. 21

L’alliance entre la profession vétérinaire et l’industrie de l’alimentation des animaux de compagnie, avec des capitaux de plusieurs milliards de dollars, fait en sorte qu’ils ne sont pas d’humeur à entendre, sauf dans la mesure où leurs membres désirent consolider leurs positions. Avec autant de problèmes reliés à la consommation de malbouffe, ils sont devenus experts pour tourner l’adversité en opportunité. Leurs tentacules s’enroulent autour d’un problème; ils investissent des sommes énormes dans la recherche et se présentent comme des bienfaiteurs publics. C’était le cas des maladies bucco-dentaires, lesquelles étaient devenues le nouveau sujet d’actualité dans les laboratoires de recherches de l’industrie de l’alimentation des animaux de compagnie et dans les universités du monde entier. Leur solution : une profusion de produits dentaires artificiels avec des allégations santé exagérées souvent approuvés par le Veterinary Oral Health Council.22

Amener le produit au consommateur implique une force de vente motivée, dénuée de toute pensée indépendante. Les vétérinaires apprécient le statut et le respect; une fois endoctrinés, ils représentent la meilleure force de vente et de commercialisation.

Conséquemment, les vétérinaires sont formés par courriels, par la publicité et par les visites des représentants des compagnies d´aliments pour animaux domestiques. Avec leur tête remplie d’« informations » provenant des compagnies d´aliments pour animaux domestiques, les vétérinaires sont encouragés à supporter le Mois de la Santé Dentaire, Le Sourire du Mois ou autres événements similaires. Il s´agit du mois où les propriétaires d´animaux sont bombardés d´annonces et de ruses publicitaires, les empressant à visiter leur vétérinaire pour un examen de contrôle dentaire « gratuit » pour leur animal et pour recevoir un sac surprise remplit d´échantillons et de prospectus faisant mention des mêmes « informations » précédemment inculquées aux vétérinaires. 23 Intensifiant la propagande, une campagne afin de dénigrer les diètes maison ainsi que l’alimentation crue a été menée en plaçant stratégiquement des articles dans des revues ou journaux soi-disant professionnels. 24

J´ai moi-même été la cible d´une série de fausses sanctions disciplinaires devant le Veterinary Surgeons Board of NSW un organisme régulateur gouvernemental composéde membres du AVA. Menacé de radiation, d’une année de prison ou d’une amende de 2 000 $, développer une stratégie juridique était devenu une priorité. Les documents réunis afin de constituer le dossier avaient un poids total de 12 kilogrammes, soit 26 livres, et représentaient une année de dur labeur ainsi qu’un nombre incalculables d´heures passées dans les bureaux d´avocats. Heureusement, mes avocats et moi-même avons été en mesure de résister au harcèlement et je suis toujours membre en règle de la profession.

Le prix à payer

Les points suivants donnent un aperçu du prix que nous payons :

1. La malbouffe industrielle est une cruauté envers les animaux, elle provoque un mauvais état de santé et des souffrances qui affectent la majeure partie du monde animal. Des preuves scientifiques abondantes, l´expérience et le simple bon sens confirment cet état de fait.

2. Une mauvaise utilisation des paradigmes scientifiques existants et de pseudo-techniques administratives produisent une science contrefaite au service de l’industrie de la malbouffe industrielle. L’intoxication massive des animaux actuelle débute avec un premier mensonge : l’alimentation industrielle est d’une qualité égale, sinon supérieure, à l’alimentation naturelle. Les prétendus chercheurs avalent la pilule et font ensuite un mauvais usage des méthodes scientifiques existantes et se conforment aux revues professionnelles afin de perpétuer et de soutenir le mensonge.

3. En générale, une combinaison de trois méthodologies est nécessaire pour former le paradigme scientifique qui soutient l’entreprise de la malbouffe industrielle pour animaux :

i) l’accent est mis sur le traitement, et non sur la prévention, d’un mauvais état de santé et des maladies;

ii) un lien de dépendance est créé avec la théorie de l’origine microbienne des maladies, lequel est utilisé comme axiome fondamental alors qu’en fait Pasteur, un des créateurs de cette théorie, a reconnu que les microbes sont secondaires aux autres facteurs prédisposant; et

iii) un lien de dépendance est créé avec les méthodes de recherche réductionnistes alors qu’en fait une approche holistique, prenant en considération tous les éléments en interaction, apporte des éléments de preuve beaucoup plus satisfaisants.

Nous devons prendre en considération que l’alimentation naturelle à base d’os charnus crus joue non seulement un rôle alimentaire pour les carnivores, mais aussi un rôle médical. Si nous appliquons à l’autre extrémité du spectre nutritionnel les leçons tirées des études sur la santé et les maladies des carnivores résidents, nous pourrons tirer des informations d´ordre médicales, scientifiques, économiques et environnementales d´une valeur inestimable pour nous tous.

De nouvelles attitudes et de nouveaux paradigmes sont nécessaires, ils sont cependant entravés par les parties intéressées.

4. Les conséquences économiques se mesurent en milliards de dollars. Dans les années 1860, Jack Spratt, assisté de Charles Cruft, ouvre la première entreprise d´aliments transformés pour chiens à Londres et instaure les expositions canines afin de les utiliser comme outil de marketing. 25 Présentement, en 2007, Business Week estime que « les Américains dépensent la somme incroyable de 41 milliards de dollars par année pour leurs amis à quatre pattes ». 26 Alimentée par des profits énormes, la machine de mise en vente des aliments pour animaux industriels nous encourage à acquérir « un ami à quatre pattes », de même que leur malbouffe industrielle et les services vétérinaires:

Estimation des ventes 2007 au sein du marché américain

Alimentation: $ 16,1 milliards
Soins vétérinaires: $ 9,8 milliards
Fournitures/médicament sans ordonnance: $ 9,9 milliards
Achats d'animaux: $ 2,1 milliards
Services aux animaux- toilettage et chenils: $ 2,9 billion 27

Entre l’empreinte écologique laissée par un excrément de chien sur la semelle de votre soulier et celle causée par les géants de l´alimentation industrielle, il y a des coûts environnementaux énormes qui n´apparaissent pas dans les chiffres. Aucun chiffre ne révèle le coût des fourrières municipales et des refuges nécessaires pour les millions d´animaux abandonnés. Les chiens nourris avec de la malbouffe sont plus difficiles à dresser et plus susceptibles de mordre leur maître, entraînant un dressage ainsi que des coûts médicaux accrus. 28 Quel est le prix des cicatrices sur le visage d´un enfant ?

5. L’échec des systèmes démocratique, administratif et judiciaire que ce soit par inadvertance, par incompétence ou par corruption facilite l’arnaque de la malbouffe pour animaux. En dépit des problèmes éthiques et moraux associés au fait de leurrer les gens en empoisonnant lentement leurs animaux et l’illégalité flagrante d’une telle cruauté, nos politiciens et nos avocats n’ont pas fait grand-chose, voire n’ont rien fait. Quelques groupes responsables du bien-être des animaux, prétendant s’intéresser à la situation désespérée des animaux, s’affilient avec les entreprises de malbouffe industrielle et font davantage partie du problème que de la solution. 29

Les médias, nos chiens de garde, restent la majorité du temps dans leur chenil, trop effrayés pour faire des commentaires. Les journalistes travaillant pour l´Australian, le Sydney Sun-Herald et le UK Sunday Independant ont effectué des recherches et écritdes articles approfondis qui n´ont jamais été publiés. 30 Les autres diffuseurs d´information s´engagent à l´autocensure et ne publient que des textes censurés, presque entièrement dénués d´informations valables, nous servant un grand verre d´eau tiède.

Le rappel d´aliments pour animaux familiers

Pendant que nous discutons de l´escroquerie que représente l´alimentation industrielle pour nos animaux, nous devons garder à l´esprit que deux géants de l´industrie du chocolat, Mars et Nestlé, se bousculent afin de régner sur le marché des aliments pour animaux de compagnie. Ils s´étendent aux quatre coins du monde et ont des projets d´envergure pour se développer en Inde et en Chine. 31 32 Au second rang, les autres conglomérats importants — Colgate-Palmolive, Procter&Gambler, Heinz et Del Monte rivalisent pour fidéliser leur clientèle. Les compagnies peuvent chercher à se différencier ainsi qu’à différencier leurs produits mais, dans les faits, nous savons qu´il y a une forte similitude entre tous les produits comme cela a été amplement démontré par le rappel d´aliments pour animaux domestiques de 2007. Les chiens et les chats en Amérique du Nord ont été malades et sont décédés d´insuffisance rénale aiguë, le tout, attribuable à la production d´un seul fabriquant contractuel, Menu Foods. 33 Au début il a été supposé que du poison à rat avait contaminé un lot de « nourriture », en seulement au fur et à mesure que tout cela se déroulait, il s´est avéré que de la mélamine, un produit chimique utilisé pour fabriquer des comptoirs, de la colle et des engrais avait été ajoutés aux cargaisons chinoises de gluten du blé affectant ainsi près de 100 marques différentes. 34

L’insuffisance rénale aiguë est peu commune, mais l’insuffisance rénale chronique ne l’est pas. Les recherches effectuées par Nestlé ont révélé que l’espérance de vie moyenne des chats nourris exclusivement avec de la nourriture commerciale et recevant des soins vétérinaires réguliers était de moins de 12 ans; les décès étant principalement attribuables à l’insuffisance rénale ou au cancer. 35 La société Mars, faisant la promotion de ses gâteries Pedigree en forme d’os, a annoncé aux vétérinaires que « 80 % des chiens âgés de plus de trois ans ont des problèmes de gingivite » et que « les problèmes dentaires augmentent avec l’âge et sont de plus en plus reliés aux maladies affectant les organes vitaux plus particulièrement le foie et les reins ». 36 « L’insuffisance rénale est la principale cause de décès chez les chiens et les chats » a déclaré le fabricant Royal Canin. 37

Les perspectives futures

Que nous réserve le futur ? Qui peut le dire. En regardant attentivement dans ma boule de cristal, je vois un futur en évolution constante. Dans un monde complexe où s’affronte des intérêts divergents, certains changements seront pour le mieux et d’autres pour le pire. Gardons-nous cependant de nos illusions : de grandes puissances influentes font tout pour faire taire les dissidents, nous, qui sommes de simples individus remplis de bonne volonté. Reprenons les propos d’Edmund Burke : « La seule chose nécessaire au triomphe du mal est l'inaction des hommes de bien.» 38 Faisons quelque chose — n’importe quoi — pour aider les animaux. Et commençons dès aujourd’hui.

Références

  1. Spurlock, M (2004) Super Size Me Web:  http://en.wikipedia.org/wiki/Super_Size_Me
  2. Harvey, C E and Emily, P (1993) Periodontal disease, in Small Animal Dentistry, Mosby, St Louis, p 92
  3. Garcia, R.I et al (2001) Relationship between periodontal disease and systemic health, Periodontology 2000, 25 21–36
  4. Sugimura, T (2000) Nutrition and dietary carcinogens, Carcinogenesis, 21(3):387-395
  5.  Roudebush, P (1993) Pet food additives, Journal of American Veterinary Medical Association 203(12):1667-70
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