Combien Pèse la Coopération de Votre Chien?

par Suzanne Clothier
(reproduit avec l'autorisation de l'auteur)


 

Les luttes physiques ne sont pas l’intention d’une éducation basée sur la relation


Il y a quelque temps, j’ai commencé à réaliser que les clients étaient constamment en train de me dire combien pesait leurs chiens  quand ils avaient un peu de difficultés avec eux.  Ceux qui avaient d’autres préoccupations (tels que des évaluations d’un athlète canin, des problèmes de saut, des questions d’éducation spécifique, de réglages fin de performance) me disaient rarement, voir jamais le poids de leurs chiens.  Après réflexion sur ce point pour un moment, j’étais prêt pour le prochain client qui allait me dire combien leur chien pesait – dans ce cas, 75 livres.  J’ai demandé si elle était mariée, elle l’était, puis j’ai demandé, « Combien pèse votre mari ? »  Il y avait une longue pause, puis dans un ton un peu glacial, « Ça ne vous concerne pas. »


Je l’ai rassuré que ça m’était égale combien il pesait,  j’étais juste curieuse de savoir s’il pesait plus qu’elle, et elle m’a dit que oui.  Ensuite, j’ai demandé si elle avait des voisins, elle en avait, et combien ils pesaient.  Dans un silence profond (un silence contrarié, j’en suis sûr), j’ai demandé si elle travaillait pour quelqu’un, et si oui, combien il pesait ?  Et est-ce que son marchand de pressing pesait plus qu’elle ?  Son mécanicien ? Ses amis ?


Maintenant, elle était sur le point de bafouiller dans l’indignation perplexe (et sans doute en se demandant pourquoi elle avait pensé qu’une consultation téléphonique avec moi était une bonne idée !), donc je l’ai tiré de l’affaire : « Est-ce que vous vous arrêtez pour contempler le poids d’un autre être humain lorsque vous essayez de travailler avec eux ? »


Après un moment de réflexion, elle a répondu que, bien sûr que non, elle n’avait pas besoin de penser au poids des gens quand elle voulait/avait besoin de leur coopération.  A moins que nous sommes dans une confrontation physique avec quelqu’un, nos interactions avec d’autres êtres humains se portent principalement sur la communication/conversation que nous avons avec eux, qui n’inclut pas la force physique.


J’ai ensuite demandé si elle avait déjà eu des moments où elle n’avait pas cette notion du poids de son chien, des moments de merveilleuse légèreté lorsque les yeux du chien étaient lumineux et il est attentif et travaille avec elle librement, joyeusement, et non pas parce qu’elle le trainait ou le retenait.


Avec un sourire dans sa voix, elle a dit que oui elle avait déjà eu ces moments, elle les aimait le mieux, et c’est pourquoi c’était si frustrant d’être trainé partout par ce chien ou se cramponner à lui de toute ses forces à d’autres moments.  J’ai fait remarquer que chaque fois qu’elle prenait conscience de la force et du poids de son chien, c’était un signal clair que leur connexion a été interrompue, qu’aucune éducation ne se passait, qu’elle était simplement en train de le retenir.  Lorsque la connexion est claire et forte, il n’y a pas de sensation de se bagarrer  avec ou de restreindre  le chien.  Indépendamment de la taille de tout être, la coopération ne pèse rien.


Chaque fois que vous êtes conscient de la force d’un autre être, combien ils pèsent, c’est probablement parce qu’ils sont en train de travailler contre vous et non pas avec vous. (Sauf si vous demandez délibérément au chien de tirer comme dans le pistage, le travail d’agitation, les jeux de tug, ou s’ils sont en train de se coucher/s’asseoir sur vous, ou vous devez les retenir pour une procédure vétérinaire, etc.)  Chaque fois que vous pensez, « Mon dieux, ce chien est si fort ! », c’est probablement temps de prendre un peu de recul et de trouver un moyen de se reconnecter.


Un grand nombre d’équipement « d’éducation » est en réalité de l’équipement  « restrictif », et permet au maître de s’accrocher physiquement et de diriger le chien.  Mon objectif en tant qu’instructeur est de développer la connexion de sorte que le collier/la laisse devient simplement un dispositif de sécurité, un filet de sauvegarde si vous voulez pour les erreurs qui peuvent être faite (en particulier dans des endroits où il n’y a pas de place pour une erreur d’être faite en toute sécurité), un clin d’œil aux lois de port de laisses locales, et parfois, un moyen pour délivrer des signaux délicats de direction.  L’éducation n’a rien à voir avec l’équipement – il s’agit de la connexion, de la relation, de la coopération.


La coopération volontaire du chien ne pèse rien.  C’est dans ces moments de connexion que nous trouvons  « l’insoutenable légèreté de l’être » - ça devient une danse de deux esprits, deux cœurs, et non pas un concours physique.

 

Copyright © 2013 par Suzanne Clothier. Utilisé avec la permission de Suzanne Clothier. Tous droits réservés. Pour plus d'informations sur Suzanne merci de visiter SuzanneClothier.com

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